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mardi 1 décembre 2009

1° décembre 1944 création du Concerto pour Orchestre de Béla Bartok

En 1940, Béla Bartók, fuyant le nazisme arrive aux États-Unis. Il n’y est pas heureux, n’appréciant pas le pays, se trouvant face à de sérieuses difficultés financières et, surtout, supportant mal l’éloignement de son pays. Dès fin 1942, une leucémie lui est diagnostiquée ; il doit alors renoncer à ses concerts.
Alors qu’il refuse l’aide financière de ses amis, la Société des auteurs américains le prend en charge et, grâce au chef d’orchestre Serge Koussevitzky, lui commande une nouvelle œuvre. Ce sera le Concerto pour orchestre, auquel il travailla d’août à octobre 1943. La première eut lieu au Carnegie Hall de New-York le 1er décembre 1944 par l'orchestre symphonique de Boston, il écrivit : " …l'exécution était excellente. Koussevitzky est très enthousiaste au sujet du morceau, et indique que c'est le meilleur morceau orchestral des 25 dernières années”.
Le terme de concerto implique depuis le XVIIIe siècle un instrument soliste avec l’orchestre l’accompagnant. Mais on peut porter au crédit de Béla Bartók d’avoir inventé un modèle avec ce Concerto pour orchestre. Ici, chaque groupe est traité de façon concertante faisant montre de sa virtuosité: dans le fugato du premier mouvement (cuivres), le thème principal du dernier mouvement (cordes) ou le second mouvement dans lequel les paires d’instruments s’échangent consécutivement les passages brillants (tout d’abord, après une introduction de caisse claire, deux bassons goguenards à la sixte, puis deux hautbois caqueteurs à la tierce, deux clarinettes volubiles à la septième, deux flûtes claires et transparentes à la quinte, et enfin deux trompettes bouchées, qui nasillent à la seconde).
Béla Bartók nota à propos du Concerto pour orchestre: "L’atmosphère générale de l’ouvrage, mis à part le deuxième mouvement, présente une graduelle progression allant de l’austérité du premier mouvement et du lugubre chant de mort du troisième vers l’affirmation de la vitalité du dernier".
Voici ce concerto sous la direction de Lorin Maazel:
http://www.youtube.com/watch?v=eu7JCtKd9mM&fmt=18
http://www.youtube.com/watch?v=y64R3p-kBww&feature=related&fmt=18
http://www.youtube.com/watch?v=ExOwpYqXKLc&feature=related&fmt=18
http://www.youtube.com/watch?v=gp-eeZ-l_Rs&feature=related&fmt=18
http://www.youtube.com/watch?v=bZj8o-NHgfM&feature=related&fmt=18

lundi 3 août 2009

2 Août 1922 Naissance d'Ivry Gitlis

Ivry Gitlis est un violoniste israélien, né le 2 août 1922 à Haïfa en Palestine.
Originaires d'Ukraine, les parents d’Ivry Gitlis se rencontrent lors de leur départ pour Israël, où naît le violoniste en 1922.
Un grand père Kantor de Synagogue, un père modeste artisan puis meunier, pas de pression familiale sur ce fils unique, c’est le jeune Ivry qui réclame un violon à l’âge de six ans. Son entourage se cotise pour lui offrir l’instrument et les premières leçons. Les progrès sont fulgurants. Il donne son premier concert à sept ans. Les dons musicaux d’Ivry sont vite remarqués par l’influent Bronislaw Huberman (fondateur de l’orchestre de Palestine) qui encourage l’enfant prodige à travailler en Europe. Ce sera le départ pour Paris, tout d’abord, avec l’expérience en demi-teinte du Conservatoire et la révélation, enfin, grâce aux cours particuliers avec des géants du violon comme Jacques Thibaud ou Georges Enesco.
Londres, ensuite, à l’approche de la guerre, période agitée pour le jeune violoniste qui connaît ses premiers succès devant l’armée anglaise tout en se portant volontaire pour travailler dans une usine de munitions. Après la guerre il fait ses débuts avec l'orchestre philharmonique de Londres et enregistre pour la BBC. Puis, au début des années cinquante, c’est la découverte des Etats-Unis et la rencontre avec Jascha Heifetz et le grand pédagogue Carl Flesch.
En 1955, il rentre dans l’écurie du plus grand imprésario de l’époque, Sol Hurok qui fera d’Ivry un symbole, le premier violoniste israélien à aller jouer en URSS. Parallèlement, plusieurs tournées ont lieu à travers les Etats-Unis avec des chefs comme Eugene Ormandy et George Szell. Viennent ensuite les premiers enregistrements pour relayer les concerts. Ses interprétations des grands concertos du 20ème siècle, de Berg, Sibelius, Bartok, sont saluées par les plus hautes récompenses en France comme aux Etats-Unis.
Dans les années soixante, c’est le retour à Paris, où Ivry réside le plus régulièrement entre deux tournées. Il devient un des interprètes les plus demandés de la scène classique internationale et donne des concerts avec les plus grands orchestres. Ses disques d’anthologie, des grandes œuvres de virtuosité du répertoire, sont des succès populaires.
Ses apparitions sur les chaînes de télévision sont nombreuses et il contribue ainsi largement à populariser la musique classique auprès du grand public.
Mais sa célébrité médiatique n’empêche pas les compositeurs contemporains les plus exigeants, tels Bruno Maderna et Iannis Xenakis, d’écrire pour lui. À la même époque, il crée et anime le festival de musique de Vence, qui devient le symbole d’une nouvelle manière, plus libre, de diffuser la musique classique. Il tentera d’autres expériences du même type en collaboration, notamment, avec la pianiste Martha Argerich.
Il apparaît avec Yōko Ono dans The Rock and Roll Circus, concert filmé des Rolling Stones en 1968. Il apparait également dans L'Histoire d'Adèle H. de François Truffaut et dans Sansa, un film de Siegfried sorti en 2003, dans lequel il interprète un violoniste passionné et participe ainsi à la bande originale du film. Il est également l'interprète du concerto pour violon composé par Vladimir Cosma pour La Septième Cible de Claude Pinoteau.
En 2009, un documentaire lui est consacré : Ivry Gitlis, le violon sans frontières, diffusé le 30 mars 2009 sur Arte.
Voici Ivry Gitlis dans le deuxième concerto pour violon de Bartok:
mouvement n°1
http://www.youtube.com/watch?v=A-6LYqSvhAE&feature=related&fmt=18
http://www.youtube.com/watch?v=v2ojR4EeGb8&feature=related&fmt=18

mardi 30 juin 2009

1° juillet 1927 création du premier concerto pour piano de Béla Bartók

Le Concerto pour piano et orchestre n°1 B91 de Béla Bartók fut composé d'août 1926 au 12 novembre de la même année. Il fut créé par le compositeur lui-même à Francfort, le 1er juillet 1927, lors du 5ème festival de la SIMC (Société Internationale de Musique Contemporaine), sous la direction de Wilhelm Furtwängler. Il s'agit d'une œuvre de maturité mais Bartók composera ensuite deux autres concertos pour piano, rappelons aussi que Bartók était professeur de piano à l'Académie Royale de Budapest quand il a composé ce concerto. Bartók utilise le piano comme un instrument de percussion et bien sur les dissonances sont nombreuses, oreilles chastes s'abstenir !
Voici ce concerto par Vladimir Ashkenazy sous la direction de Sir Georg Solti:
mouvement n°1
http://www.youtube.com/watch?v=hvm6BnH7KMo&fmt=18
mouvement n°2
http://www.youtube.com/watch?v=ZM3yg0LxeyM&feature=related&fmt=18

dimanche 8 février 2009

8 février 1946 Création du Concerto pour piano n°3 de Béla Bartok

Le Concerto pour piano n° 3, Sz 119 est le dernier des concertos pour piano de Béla Bartók.Il a été écrit durant l'été 1945 (Bartok est en exil aux États-Unis) alors que le compositeur est presque ruiné et gravement malade. Il a alors deux commandes en chantier : un concerto pour alto et ce troisième concerto pour piano. Le premier est d’un apport financier sûr et immédiat mais c’est au second que le compositeur se hâte de travailler, la mort s’approche et la perspective de s’exprimer une dernière fois est là, devant lui. Il décide alors d’offrir à sa femme Ditta Pasztory une dernière œuvre qu’elle puisse jouer, si elle doit continuer à gagner sa vie comme concertiste : il a prévu de lui offrir pour son anniversaire, au début de l’automne. Il ne s’éteint que quelques jours avant, le 26 septembre.
Son fils Peter, démobilisé depuis quelques mois, vit à cette époque auprès de lui et de sa mère afin de s’occuper d’eux. Ditta perd peu à peu ses esprits face à l’incertitude de ces dernières années d'exil et Bartok est devenu trop faible pour se lever. Avec le renfort de Tibor Serly, Peter l’aide à travailler au lit, ils lui préparent le papier, tracent les barres de mesure au bout desquelles Bartok écrit déjà le mot « fin » (!!): sa musique est en tête, elle ne demande qu’à être écrite. Il ne peut finir les 17 dernières mesures (sur + de 1200) mais il laisse à Serly ses instructions pour les combler. Ce dernier n'a qu'à les orchestrer. On ne peut s’empêcher, lorsqu’on pense à Bartok dans ces conditions, de faire le parallèle avec Mozart et son Requiem : Bartok qualifie d’ailleurs lui-même l’adagio central (et c’est la seule fois de toute sa vie) d’Adagio religioso...
La première est donnée le 8 février 1946 par l'Orchestre de Philadelphie sous la direction d'Eugene Ormandy avec György Sándor au piano. Ce concerto comprend trois mouvements: Allegretto, Adagio religioso, Allegro vivace.
Voici ce concerto par Martha Argerich:
mouvement n°1
http://fr.youtube.com/watch?v=phN-IOj1XPE&feature=channel_page
mouvement n°2
http://fr.youtube.com/watch?v=zsMIuNgVVPg&feature=channel
mouvement n°3
http://fr.youtube.com/watch?v=uyM8LzgtQrY&feature=channel